Coronavirus comme outil de discrimination ?

Qu’avons nous appris de l’épidémie du VIH que le Covid-19 semble vouloir nous désapprendre ?

En tant que professionnel passionné d’aider les organisations et les gens à se transformer avec l’agilité d’entreprise, je réfléchis énormément en ces temps de confinement sur comment redéfinir nos interactions humaine post-coronavirus. Préparant le premier Forum Agile Virtuel que l’Agile Lounge organise ce mercredi posant la question : Comment l’agilité peut nous aider à transformer les entreprises et la société post-coronavirus ma réflexion est allé bien au-delà. Curieux, je me suis mis à chercher. Oui, plutôt que de perdre une énergie immense à répondre aux publications et articles des autres sur les réseaux sociaux sur le après pandémie et les hypothèses de mesure à prendre, j’ai décidé de contribuer en vous proposant cette réflexion pour l’éventuel débat de société à venir.

Lorsque j’ai fait mes recherches pour écrire ce billet, je suis allé sur le site de la Commission Canadienne des droits de la Personne pour prendre leur définition de «discrimination».  Signe des temps, comme beaucoup de site web en cette période de crise, j’ai eu ce pop-up dans mon écran:

«La Commission prend des mesures préventives en réponse à la situation actuelle entourant la COVID-19. La Commission continuera à répondre aux demandes de renseignements et à recevoir des plaintes de discrimination. La façon la plus rapide d’accéder à nos services de plaintes est par l’entremise de notre formulaire de plainte en ligne. Veuillez noter que la situation actuelle peut avoir une incidence sur notre capacité à répondre en temps opportun. Nous vous remercions de votre compréhension et de votre patience

Définir la discrimination

Qu’est-ce que la discrimination? 

Tel que défini par la Commission dans la Fédération Canadienne :

«La discrimination est une action ou une décision qui a pour effet de traiter de manière négative une personne en raison, par exemple, de sa race, de son âge ou de sa déficience. De telles raisons sont des motifs de discrimination et sont protégés par la loi.»  (Sources: CCDP + L.R.C. (1985), ch. H-6. Attention –  Loi à jour 2020-03-19; dernière modification 2019-07-12 )

Motifs de discrimination selon la Loi:  

  • la race
  • l’origine nationale ou ethnique
  • la couleur
  • la religion
  • l’âge
  • le sexe
  • l’orientation sexuelle
  • l’identité ou expression de genre
  • l’état matrimonial
  • la situation de famille
  • la déficience*
  • les caractéristiques génétiques*
  • une condamnation qui a fait l’objet d’une réhabilitation ou d’une suspension du casier judiciaire (ou état de personne graciée).

Au moment d’écrire mon billet, il m’est difficile de trouver des sources, jurisprudences ou interprétation de la Loi canadienne pour le motif relié à la santé, une maladie physique ou mentale.  La Loi dans sa définition des actes discriminatoires reste très vague et comme vous le lisez dans la liste au paragraphe précédent, il n’y a pas de mention explicite légal en ce qui à trait, même à la maladie mentale que je m’attendait à voir plus détaillé et les liaisons avec l’harcèlement qui découle de la discrimination.

J’ai pensé qu’en faisant des recherches en y ajoutant le mot clefs SIDA ou VIH avec discrimination immunitaire je trouverais.  

Presque rien sauf ceci la Commission Ontarienne des droits de la Personne:  

«Le Code des droits de la personne de l’Ontario (le «Code») rappelle que l’Ontario a pour principe de reconnaître la dignité et la valeur de toute personne et d’assurer à tous les mêmes droits et les mêmes chances, sans discrimination. Les dispositions du Code visent à créer un climat de compréhension et de respect mutuel de la dignité et de la valeur de toute personne, de façon que chacun se sente partie intégrante de la collectivité et apte à contribuer pleinement à celle-ci.

Le Code stipule que toute personne a droit à un traitement égal sans discrimination fondée sur un handicap. Le sida (syndrome immunodéficitaire acquis) et d’autres affections liées à l’infection par le virus d’immunodéficience humaine (VIH) sont considérés des handicaps au sens du Code. Les personnes qui, même si elles ne présentent aucun symptôme de maladie, ont le sida ou qui sont présumées l’avoir et les personnes atteintes, présentement ou par le passé, d’une affection liée au VIH, ou qui sont présumées l’être ou l’avoir été, ont droit à la protection du Code dans le domaine de l’emploi, des services, du logement, des contrats et de l’adhésion à un syndicat.

Les modes de transmission du VIH sont peu nombreux. Il est généralement transmis lors de rapports sexuels sans protection ou d’un contact avec du sang ou d’autres liquides organiques infectés. L’infection par le VIH peut aussi se produire lors d’une transfusion sanguine ou par l’utilisation d’aiguilles contaminées par le sang d’une personne infectée. Il faut admettre que de nos jours, en Amérique du Nord, le risque de transmission du VIH lors d’une transfusion sanguine est minime. Depuis 1985, les banques de sang partout au Canada et aux États-Unis effectuent un test minutieux et systématique de dépistage des anticorps sécrétés en réaction au virus.

Le sida n’est pas simplement un phénomène médicoscientifique. Il met en doute les valeurs fondamentales de notre société, telles que la compassion, la justice et la lutte contre toute discrimination qui porterait atteinte à ces valeurs.»  

 *Téléchargé le rapport complet  de la Commission en PDF ici*

C’est cette «jurisprudence» et tous les combats de nos communautés depuis les années 1990 qui m’intéresse à chercher plus loin comment nous pourrions apprendre pour prévenir un désastre de société en caste sanitaire post-pandémie de coronavirus actuel et à venir.  

Ceci tant au niveau du monde du travail, des voyages internes et internationaux et de l’accès ou non à une multitude de services ou déplacements.    

Il y a beaucoup de publication épidémiologique qui sorte avec ces mots clefs : discrimination et immunitaire pour parler de la discrimination bio-cellulaire ou autre terme technique à l’épidémiologie scientifique.  Rien de sanitaire, sociologique, judiciaire ou politique.   À vous de me prouver le contraire si votre manière de cherche en français et en anglais vous apporte d’autres sources et références.

Pendant mes recherches je suis tombé sur un article d’un site canadien se prétendant un vulgarisateur de justice pan-canadienne avec spécification pour le Québec (Code civil oblige), stipulant une certaine légitimité de la discrimination!

La discrimination est parfois légale ?  

Habituellement, un employeur ou une entreprise doit prendre les mesures nécessaires pour traiter tout le monde équitablement. Mais dans certaines situations, les mesures à prendre sont trop coûteuses ou représentent un danger pour la santé ou la sécurité. 

Dans ce cas, l’employeur ou l’entreprise n’est pas obligé de prendre ces mesures, même si cela cause une discrimination. Cependant, l’employeur ou l’entreprise doit avoir des arguments solides et démontrer clairement que les mesures sont difficiles ou impossibles à prendre.

Exemple :

Inès vient d’être embauchée par une station de radio. Elle a une mobilité réduite et elle se déplace en fauteuil roulant. À son travail, il n’y a que des marches. Les locaux ne sont pas adaptés pour permettre la circulation en fauteuil roulant. Pour traiter Inès équitablement, son employeur doit rénover les locaux. Mais la rénovation coûte cher et représente près de la moitié du budget annuel de la station de radio. De plus, les travaux doivent durer deux ans. La station de radio n’a pas les moyens financiers pour continuer ses activités normales pendant les travaux.

Source: https://www.cliquezjustice.ca/vos-droits/discrimination-au-canada

Ce genre d’interprétation de nos Lois ordonnant les Droits de la Personne et les Chartes est à mon avis inquiétant, tout comme plusieurs de nos collègues en «resources» humaine (je déteste cette appellation) parlent de «discrimination positive» comme si un tel état de fais pouvait être aussi noir et blanc.   Tel que définit dans le Larousse, la discrimination soustrait des droits et exclus, il faudrait arrêter cette rhétorique des bas bleus ressources humaneuses SVP!  Tout comme ces champions de guru soi-disant coach de business nous chantant les vertus de la «manipulation positive».  Oui, enfin ça serait un sujet pour plus tard, mais la subjectivité de «revers psychology» est rendu là en occident et particulièrement dans nos sociétés biaisées par l’anxiété…

Discrimination basé sur notre immunité à la Covid-19?

Évitons les dérives 

Alors, je vous propose une réflexion objective en se posant la question suivante :  Qu’avons nous appris de l’épidémie du VIH que le Covid-19 semble vouloir nous désapprendre ? 

Commencer par relire l’extrait que je vous ai copié/collé de l’OHRC et changer les mots SIDA et VIH par Coronavirus et Covid-19.

Je crois que collectivement dans les prochains mois nous devrons exercer notre devoir de citoyenne et de citoyen, l’ultime droit de cité.   

Je nous invite à être vigilant et à poser des questions, à participer à tous processus de transformation de notre société à tout niveau.  Au delà de ce que nous faisons en agilité en numérique.

Que cela soit au niveau de votre communauté, votre milieu professionnel et même plus globalement de manière civil et non docile.   Il sera important de demander des comptes aux corporations, organismes privés et surtout publiques, particulièrement les «autorités» de santé publique,  qui voudront profiter de l’après pandémie pour réformer les définitions de discrimination pour permettre des restrictions. 

En plus sans doute hélas, d’une récession longue vers une relance qui semble vouloir nous amener, positivement tout comme négativement, vers une nouvelle société, voir même un système économique et social à 2, voir 3 vitesses où l’état prendre plus de place,

Notre vigilance devra se porter sur les risques de dérives legislatives et d’amendements de nos chartes ou des définitions des actes de discrimination. Entre autre celles qui semblent vouloir s’installer avec qui est immuniser ou pas.  Basé sur le modèle Chinois autoritaire en plus, ici dans nos société de droit constitutionnel. 

Nous nous devons d’être créatif et de ne pas sombrer dans un délire d’exclusion en créant une classe «d’infecté» ayant moins de droit notamment sur:

  • Liberté de mouvement et de voyage
  • Accès au travail et à des lieux sociaux et économique
  • Droit à mourir et accompagner des proches mourant dans la dignité
  • Capacité d’acheter et louer un endroit où vivre

Dans les années 1980-90 les gens séropositifs n’étaient pas demandés de s’identifier.   Nous leur demandions d’agir de manière responsable envers son prochain.   Nous avons collectivement et de manière mature et autonome fait le choix de société de comprendre l’épidémie et la transmission du Sida et d’arrêter la discrimination basé sur une maladie.

Qu’est-ce qui est de différent aujourd’hui avec les coronavirus positive ?   

Bien que la transmission ne soit pas tout aussi exclusive qu’avec le VIH, comment les leçons apprises sur la discrimination des gens malades du Sida, bien pire qu’un SRAS au covid19, devraient nous faire agir avec encore plus de maturité et conscience pour ne pas discriminer ou pire encore harceler les gens malades de ce nouveau virus ?

Réfléchissons et pensons par nous même.

En tant que consultant en agilité d’affaires, aidant et coachant dans les entreprises, dites-moi que je ne suis pas seul à voir les risques de dérive subjective sur la définition de la discrimination ?   Comment ensemble pouvons nous éviter de régresser à pire qu’au temps triste et discriminatoire de l’ère de l’épidémie du Sida et qui plus est,  fait encore à ce jour, plus de victimes que la pandémie de maladie à coronavirus actuelle.

Il n’en sera qu’à nous de réclamer ce grand rassemblement démocratique nationale de tout la société civil si nous voulons prendre cité et être démocratique et partie prenante au choix à venir. C’est notre devoir citoyen et de libre arbitre.

Moi j’ai envie d’emblée de dire non à la discrimination outillé par le virus. Je vais dire non au certificat d’immunité, par exemple.

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